Share Poetry with us for The Spring of the Poets 2009: Poetry in all its bursts (of laughter) !

Hi everyone,

Like last year, School Beyond the Walls is launching its festival about Poetry in many languages. You can join and share poetry with us inside the group "Spring of the Poets 2009". We like poetry in any languages. This year, you have to choose funny poems.

Here is an example of the pages we are building:

Charles Cros (1842-1888) - Le hareng saur / The Smoked Herring


(English version below)



Le hareng saur

Il était un grand mur blanc - nu, nu, nu,
Contre le mur une échelle - haute, haute, haute,
Et, par terre, un hareng saur - sec, sec, sec.

Il vient, tenant dans ses mains - sales, sales, sales,
Un marteau lourd, un grand clou - pointu, pointu, pointu,
Un peloton de ficelle - gros, gros, gros.

Alors il monte à l’échelle - haute, haute, haute,
Et plante le clou pointu - toc, toc, toc,
Tout en haut du grand mur blanc - nu, nu, nu.

Il laisse aller le marteau - qui tombe, qui tombe, qui tombe,
Attache au clou la ficelle - longue, longue, longue,
Et, au bout, le hareng saur - sec, sec, sec.

Il redescend de l’échelle - haute, haute, haute,
L’emporte avec le marteau - lourd, lourd, lourd,
Et puis, il s’en va ailleurs, - loin, loin, loin.

Et, depuis, le hareng saur - sec, sec, sec,
Au bout de cette ficelle - longue, longue, longue,
Très lentement se balance - toujours, toujours, toujours.

J’ai composé cette histoire, - simple, simple, simple,
Pour mettre en fureur les gens - graves, graves, graves,
Et amuser les enfants - petits, petits, petits.

Charles Cros in Le coffret de Santal, 1873

Charles Cros lisait régulièrement ses poèmes en public, aussi bien chez des particuliers que dans des cafés ou des cabarets tels que le Chat noir. Le poète Laurent Tailhade a raconté une séance à laquelle il assista en septembre 1883. Cros avait alors 40 ans.

« Sur un divan pisseux, entouré de sous-diacres, la plupart imberbes et tous d'une évidente malpropreté, Cros, très allumé, récitait des vers. Des cheveux de nègre et ce teint bitumeux que M. Péladan devait qualifier plus tard d' « indo-provençal », en parlant de sa personne ; des yeux bénins d'enfant ou de poète à qui la vie cacha ses tristesses et ses devoirs, les mains déjà séniles et tremblotant de la fièvre des alcools, ainsi m'apparut le fondateur des Zutistes, le praticien délicat dont le Coffret de santal délectait les curieux d'art, cependant que ses monologues, colportés au jour par la fantaisie de MM. Coquelin, éveillaient dans le grand public le goût de la drôlerie infinitésimale. À chaque strophe de ses pièces, connues pourtant et rabâchées dans l'entourage du grand homme, un frisson d'enthousiasme secouait la buée du pétun et les nidoreuses émanations de l'assemblée. Intarissablement, Charles Cros ressassait quelques poèmes, d'une voix brève et mate, dont le timbre découpait non sans vigueur la grâce un peu étriquée de ses compositions. »




Le Hareng saur Criez Le Hareng saur d'une voix forte. Ne bougez pas le corps, soyez d'une immobilité absolue. En disant ce titre, il faut que le public ait le sentiment d'une ligne noire se détachant sur un fond blanc.
Il était un grand mur blanc — nu, nu, nu, Qu'on sente le mur droit, rigide, et comme il serait ennuyeux aussi monotone que cela, rompez la monotonie : allongez le son au troisième nu, cela agrandit le mur, et en donne presque la dimension à ceux qui vous écoutent.
Contre le mur une échelle — haute, haute, haute, Même intention et même intonation que pour la première ligne, et pour donner l'idée d'une échelle bien haute, envoyez en voix de fausset (note absolument imprévue) le dernier mot haute, ceci fera rire et vous serez en règle avec la fantaisie.
Et, par terre, un hareng saur — sec, sec, sec. Indiquez du doigt la terre, et dites hareng saur sec avec une physionomie pauvre qui appelle l'intérêt sur ce malheureux hareng, la voix sera naturellement très sèche pour dire les trois adjectifs sec, sec, sec.
Il vient, tenant dans ses mains — sales, sales, sales, Soutenez la voix et qu'on sente le rythme dans les autres strophes comme dans la première. Il c'est le personnage, on ne sait pas qui c'est Il. Qu'on le voie, montrez-le, cet Il qui vous émeut, vous acteur, et peignez le dégoût qu'inspire un homme qui ne se lave jamais les mains en disant sales, sales, sales.
Un marteau lourd, un grand clou — pointu, pointu, pointu, Baissez une épaule comme si vous portiez un marteau trop lourd pour vous, et montrez le clou, en dirigeant l'index vers les spectateurs et appuyez bien sur pointu, pointu, pointu pour que le clou entre bien dans l'attention générale.
Un peloton de ficelle — gros, gros, gros. Écartez les mains, éloignez-les des hanches par degré à chaque gros, gros, gros. Il est chargé, un marteau lourd, un grand clou pointu, et un énorme peleton, ce n'est pas peu de chose, il faut montrer cette charge sous laquelle ploie le pauvre Il.
Alors il monte à l'échelle — haute, haute, haute, Même jeu pour les haute que précédemment, la note aiguë à la fin, cette insistance peut faire rire.
Et plante le clou pointu — toc, toc, toc, Gestes d'un homme qui enfonce un clou avec un marteau, faire résonner les toc avec force, sans changer le son.
Tout en haut du grand mur blanc — nu, nu, nu. Gardez le ton de voix très solide, allongez de nouveau le dernier nu, et faites un geste plat de la main pour montrer l'égalité du mur.
Il laisse aller le marteau — qui tombe, qui tombe, qui tombe, Baissez le diapason par degré pour donner l'idée d'un marteau qui tombe. Vous regardez le public au premier qui tombe, aussi au second vous envoyez un regard par terre avant le troisième, et un autre regard au public en disant le troisième qui tombe et attendez l'effet qui doit se produire.
Attache au clou la ficelle — longue, longue, longue, Allongez par degré le son sur longue, et que le dernier longue soit d'une longueur immense, un couac au milieu de l'intonation finale donnera un ragoût très comique au mot.
Et, au bout, le hareng saur — sec, sec, sec. Appuyez d'un air de plus en plus piteux sur le troisième sec.
Il redescend de l'échelle — haute, haute, haute, Même jeu que précédemment quand il monte, seulement l'inflexion des mots haute va decrescendo, le premier en voix de fausset, le second en médium, et le troisième en grave. Musical.
L'emporte avec le marteau — lourd, lourd, lourd, Pliez sous le faix en vous en allant. Vous êtes brisé, vous n'en pouvez plus, ce marteau est très lourd, ne l'oubliez pas.
Et puis, il s'en va ailleurs — loin, loin, loin. Graduez les loin, au troisième vous pourrez mettre votre main comme un auvent sur vos yeux pour voir Il à une distance considérable, et après l'avoir aperçu là-bas, là-bas, vous direz le dernier loin.
Et, depuis, le hareng saur — sec, sec, sec, De plus en plus pitoyable.
Au bout de cette ficelle — longue, longue, longue, Allongez d'un air très mélancolique la voix sur les longue, toujours avec couac ; ne craignez pas, c'est une scie.
Très lentement se balance — toujours, toujours, toujours. Bien triste. Et geste d'escarpolette à toujours, toujours, toujours. Terminez bien en baissant la voix le troisième toujours, car le récit est fini. La dernière strophe n'est pour l'auditoire qu'un consolant post-scriptum.
J'ai composé cette histoire — simple, simple, simple, Appuyez sur simple, pour faire dire au public : « Oh ! oui ! simple ! »
Pour mettre en fureur les gens — graves, graves, graves, Très compassé; qu'on sente les hautes cravates blanches officielles qui n'aiment pas ce genre de plaisanterie. Ouvrez démesurément la bouche au troisième grave, comme un M. Prudhomme très offensé.
Et amuser les enfants — petits, petits, petits. Très gentiment avec un sourire, baissez graduellement la main à chaque petits pour indiquer la hauteur et l'âge des enfants. Saluez et sortez vite.


THE SMOKED HERRING

Once upon a time there was a big white wall — bare, bare, bare,
Against the wall there stood a ladder — high, high, high,
And on the ground a smoked herring — dry, dry, dry,

He comes, holding in his hands — dirty, dirty, dirty,
A heavy hammer and a big nail — sharp, sharp, sharp,
A ball of string — big, big, big,

Then he climbs the ladder — high, high, high,
And drives the sharp nail — tock, tock, tock,
Way up on the big white wall — bare, bare, bare,

He drops the hammer — down, down, down,
To the nail he fastens a string — long, long, long,
And, at the end, the smoked herring — dry, dry, dry,

He comes down the ladder — high, high, high,
He picks up the hammer — heavy, heavy, heavy,
And goes off somewhere — far, far, far,

And ever afterwards the smoked herring — dry, dry, dry,
At the end of that string — long, long, long,
Very slowly sways — forever and ever and ever.

I made up this story — silly, silly, silly,
To infuriate the squares — solemn, solemn, solemn,
And to amuse the children — little, little, little.

Translated from Charles Cros’ French by Kenneth Rexroth

Public readings of Charles Cros

Charles Cros read his poems in public regularly, as well at private individuals as in coffees or cabarets such as the black Cat. The poet Laurent Tailhade told a meeting to which it assisted in September 1883. Cross-country race was then 40 years old.
On a pisseux couch, surrounded sub-deacons, the majority beardless and all of an obvious dirtiness, Cross-country race, very lit, recited worms. Hair of negro and this dye bituminous that Mr. Péladan was to qualify the “indo-of Provence one later”, while speaking about its person; benign eyes of child or poet with whom it life hid his sadnesses and his duties, the hands already senile and trembling of the fever of alcohols, thus appeared to me the founder of the Zutistes , the delicate expert about which the Coffret of sandal délectait the curious ones about art, however that its monologs, hawked at the day by the imagination of Misters Coquelin, woke up in the general public the taste of the infinitesimal drolery. With each stanza of its parts, known however and harped in the entourage of the great man, a shiver of enthusiasm shook the mist of the pétun and the nidoreuses emanations of the assembly. Inexhaustibly, Charles Cros re-sifted some poems, of a short voice and subdue, whose stamp cut out not without strength a little skimped grace of its compositions.

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